15 mai 2021

Le Hamas est en train d'entrainer deux millions de Gazaouis dans un attentat-suicide ubuesque

Le Hamas savait parfaitement que le risque d'expulsion de leur logis de quatre familles arabes du quartier de Sheik Jarrah qui refusent de payer leur loyer est un minuscule différend qui ne signifie nullement qu'Israël ait l'intention d'expulser le moindre arabe de Jérusalem. Bien au contraire, la progression de la population musulmane de cette ville est massive : sa proportion est passé de 25 à 38% des Jérusalémites de 1967 à aujourd'hui et elle reste actuellement sur cette dynamique démographique.



Le Hamas savait parfaitement qu'Israël n'a aucun désir de s'en prendre à la Mosquée Al Aqsa sur le Mont du Temple et qu'au contraire il protège scrupuleusement la liberté de culte des musulmans et des non-musulmans, une rareté au Moyen-Orient. D'ailleurs c'est bien Israël qui, maitre du terrain depuis 1967, a décidé unilatéralement de remettre la gouvernance de l'Esplanade, ce site religieux juif majeur, aux mains du wakf musulman.

Le Hamas n'avait donc aucune raison sécuritaire, religieuse ou même politique de tirer en un seul jour, le 11 mai dernier, plus de 1.000 roquettes et missiles sur la capitale, les grandes villes et les petites bourgades de son voisin de palier. Non seulement il commettait un crime de guerre sans nom en visant exclusivement et indistinctement des zones civiles massivement peuplées, mais il prenait la responsabilité de perdre une multitude de vies chez lui, dans la population dont il est censé assumer la sécurité et le bien-être. 

En effet, le Hamas qui n'est pas un perdreau de l'année, connait parfaitement la première loi tactique de la confrontation militaire. Cette loi veut que celui qui est la cible d'un tir riposte par un tir de destruction sur la source du feu qui le vise. Et que ce tir sur la source du feu n'est jamais "proportionnel" comme l'a montré par exemple la coalition conduite par les États-Unis, à laquelle participait la France, quand il s'est agi d'écraser Daech à Mossoul. Il n'y a pas d'arithmétique "pertes de l'agresseur = pertes de l'agressé". Les États-Unis et la France ont enregistré 0 perte humaine dans la longue campagne aérienne contre Daech à Mossoul, et de l'autre coté, combien, 1.000, 10.000, 100.000 morts civils ? Le décompte des victimes gazaouies et israéliennes auquel se livrent en permanence les media n'est donc qu'un instrument de propagande de guerre au service du groupe qui a déclenché les hostilités, et au détriment du pays victime bien contraint de se défendre.

Pourquoi donc le Hamas s'est-il jeté dans cette entreprise suicidaire ? 

Il faut pénétrer dans l'univers mental où vivent les chefs du Hamas pour élucider leurs décisions. Voici ce que déclarait pas plus tard que le 7 mai sur la TV de Gaza, Al Aqsa TV, l'un d'entre eux et pas n'importe lequel, Fathi Hammad, membre du bureau politique et ancien ministre de l'intérieur de cette organisation :

"Habitants de Jérusalem, nous voulons que vous coupiez la tête des Juifs avec des couteaux. Avec la main, coupez leur artère à partir d'ici. [Hammad fait le geste] Un couteau coûte cinq shekels.  Achetez un couteau, aiguisez-le, mettez-le là, et coupez simplement [leurs têtes]. Cela ne coûte que cinq shekels. Avec ces cinq shekels, vous allez humilier l'État juif.

[...]

"'Vous trouverez que les plus forts en inimitié envers les croyants sont les juifs et les polythéistes.'' Les juifs ont répandu la corruption et agi avec arrogance, et leur moment de jugement est arrivé. Le moment de leur destruction par vos mains est arrivé. "

On peut consulter la vidéo de cette déclaration à l'adresse : https://www.memri.org/tv/snr-hamas-official-fathi-hammad-urges-people-jerusalem-cut-off-heads-jews-knives-day-reckoning-moment-destruction 

On a tout de suite reconnu la rhétorique de l'État islamique, le fameux Daech.

C'est une rhétorique grimée aux couleurs d'un soi-disant Islam, où la vie humaine des autres n'a par principe aucune importance, où l'on peut gaspiller à loisir les existences de croyants fanatisés ou pas, comme celles de leurs victimes. Une rhétorique dont sont bannies les catégories les plus élémentaires de la civilisation, protéger les femmes et les enfants, chercher des alternatives à la violence, etc.

Le noyau dirigeant de Hamas, par contre tient beaucoup à sa propre longévité, s'enterrant dans les caves des hôpitaux de Gaza pour échapper au destin qu'il chérit pour les autres. Au prix d'un désastre humanitaire chez lui, il a brutalement lancé toutes ses armes balistiques (du ballon incendiaire au missile lourd) contre les populations de son voisin sur la base d'un calcul politique transparent : remporter une victoire symbolique sur Israël où il sera parvenu à créer le chaos pour se poser en leader unique des Palestiniens, et compter sur les États-Unis et l'Europe pour recevoir des flots de dollars et d'euros qui lui permettront de reconstruire ses palais et de reconstituer ses arsenaux.

Le Hamas a conçu et mis en œuvre le 11 mai un méga attentat-suicide régional en même temps qu'un attentat-terroriste aux dimensions de son ubris, un coup de poker politico-génocidaire dont il attend les dividendes. 

Ceux-ci dépendront d'abord de l'attitude qu'adopteront les Occidentaux face à ce qu'il représente: un risque permanent de rupture des équilibres stratégiques dans une région en recherche de stabilité et de progrès.

Jean-Pierre Bensimon
Samedi 15 mai 2021

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