10 janvier 2021

Les Républicains ne sont pas les seuls à avoir un problème avec la sédition

 Le ticket présidentiel américain, Joe Biden Jr et Kamara Harris, vient d'approfondir les clivages au sein du peuple américain en soutenant les absurdités de Black Lives Matter (BLM) selon lesquelles la police a eu un comportement complaisant avec les manifestants qui avaient investi le Capitole le 6 janvier dernier. En fait la complaisance des démocrates pour BLM avait été avérée et systématique lors des émeutes de l'été dernier. [NdT]


La réponse initiale du président élu Joe Biden à la violence insurrectionnelle du 6 janvier au Capitole a été ferme et modératrice. Il a condamné la violence et demandé au président Trump de la dénoncer publiquement. A la différence de Trump, Biden a fait ce que l'on attend d'un dirigeant politique lors d'une crise nationale : faire preuve de pondération et appeler à la désescalade.



Mais le lendemain, son message avait changé. "Personne ne peut me dire que si un groupe issu de Black Lives Matter avait protesté hier ....il n'aurait pas été soumis à un traitement très différent de celui qui a été réservé à la foule de voyous qui a pris d'assaut le Capitole. Nous savons tous que c'est la réalité, et c'est inacceptable".


La vice-présidente élue Kamala Harris a répété cette affirmation fallacieuse. "Nous avons été témoins de deux systèmes de justice, .... dans l'un on a laissé les extrémistes prendre d'assaut le Capitole hier, et dans l'autre on a aspergé de gaz lacrymogène les manifestants pacifiques, comme l'été dernier. C'est tout simplement inacceptable".


C'est autour de cette interprétation que la nouvelle administration Biden a convergé avec ses soutiens médiatiques. La future directrice du Département du logement et du développement urbain choisie par Biden, Marcia Fudge, a déclaré à USA Today : "La police du Capitole n'était pas préparée, elle était inefficace et certains de ses membres étaient complices. Il faut qu'ils rendent tous des comptes". Elle a ajouté "nul doute que la réponse a été différente de celle qui avait été donnée lors des manifestations de "Black Lives Matter" l'an dernier devant le Capitole, " conclut-elle.


Biden et Harris ont remporté la Maison Blanche avec un message politique fade mais finalement persuasif, aux antipodes de l'agitation des années Trump : "il faut réunifier le pays". Cela signale quelque chose d'inquiétant sur leurs véritables priorités politiques: à un moment où l'unité est plus nécessaire que jamais, ils ont choisi de mettre en avant les antagonisme raciaux.


Pire, dans cette logique, Biden a aussi propagé une interprétation falsificatrice des modalités du maintien de l'ordre. A travers son acte d'accusation vague et hypothétique, il a donné du crédit à un article de foi des militants progressistes, à savoir que tous les flics sont motivés par une hostilité envers les noirs, et que la police du Capitole aurait réagi plus durement si la foule avait été composée de membres des minorités. Les événements du 6 janvier, tels que nous les connaissons actuellement, suggèrent le contraire.


Au cours du siège du Capitole, mercredi, la police a fini par tirer et tuer un manifestant (une femme blanche) et elle en a arrêté près de 70 autres à ce jour. De nouvelles arrestations sont probables, car les forces de l'ordre ont capturé des images claires des auteurs de ces actes. Trois autres manifestants sont morts en urgence médicale.


A l'inverse de ce que prétend Kamala Harris, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour arrêter la foule. Selon les rapports, pas moins de 60 officiers de la police du Capitole ont été blessés et 15 ont été hospitalisés après s'être opposés à la foule, puis débordés par celle-ci. Tragiquement, un officier de police du Capitole, Brian Sicknick, est mort de ses blessures dans l'exercice de ses fonctions.


Comparez cela aux mois d'émeutes et de manifestations qui ont suivi le meurtre de George Floyd. Au cours de ce cycle d'émeutes, des dizaines de personnes ont été tuées, mais seul un manifestant est mort du fait des forces de l'ordre. Et d'ailleurs, une infime partie des responsables des violences et des pillages a été arrêtée, beaucoup d'entre eux bénéficiant au final de la clôture de leur dossier d'accusation.


Cet été par exemple, dans le Minnesota, après deux nuits d'émeutes et de pillages seules 45 personnes ont été arrêtées. La vice-présidente Harris a même appelé les Américains à donner de l'argent pour payer leur caution; cet argent a finalement permis à des violeurs et autres criminels violents d'échapper à la prison. Cela s'est produit dans des villes de tout le pays.


Si notre système judiciaire était aussi biaisé et répressif par principe que le prétendent Biden et Harris, les gens qui ont causé des destructions gratuites au détriment de leur communauté, qui ont provoqué de nombreux décès et occasionné des milliards de dollars de dommages matériels, n'auraient pas été libérés.


Le 6 janvier, plusieurs facteurs ont conduit au désastre. Certes, Trump a dérogé à ses obligations en n'ordonnant pas le déploiement la Garde nationale présente en nombre dans le District. Mais le maire de Washington D.C., Muriel Bowser, a refusé avec insistance l'introduction de forces de l'ordre fédérales supplémentaires dans la ville, faute de nécessité selon lui. Cela impliquait  qu'elles seraient dépassées par le nombre si la manifestation prévue depuis longtemps devenait violente. Si le racisme systémique est responsable de la façon dont la foule a été traitée, quelle place les décisions du maire démocrate et afro-américain de Washington D.C. occupent-elles dans cette équation ?


Contrairement à de nombreux démocrates, le candidat Joe Biden avait fermement condamné les violences et les destructions qui ont eu lieu au cours de l'été. C'est pourquoi il est curieux de le voir à présent singer les éléments de langage de Blacks Lives Matter. 


Ce qui fait que les événements du Capitole du 6 janvier ont été si abominables, c'est que l'attaque (encouragée par le président en exercice) visait nos institutions, des institutions représentatives de tout le peuple, au moment où elles certifiaient une élection. Un détachement de policiers débordés et mal préparés a fait de son mieux pour contrôler la foule, et l'un de ces policiers a perdu la vie au cours de l'opération.


Il ne fait guère de doute qu'il y avait un élément raciste dans cette manifestation. L'agitation des drapeaux confédérés et le costume horriblement raciste et antisémite porté par certains manifestants au sein de la foule en donne une idée. Une partie de l'animosité qui les motivait est ancrée dans l'idéologie nationaliste blanche. C'est répréhensible et cela doit être fermement condamné, une obligation que malheureusement tous les élus ne semblent pas capables d'accomplir. Mais ce serait une erreur de marginaliser ceux qui escomptent obtenir la séparation raciale en encourageant l'affrontement racial.


Le slogan de M. Trump "stoppez le vol" était une incitation à la violence,  une dégradation de sa fonction qu'il devrait  payer par une mise en accusation et une destitution aux derniers jours de son mandat. 


Il est particulièrement inquiétant de voir Biden et Harris profiter de ces circonstances pour renforcer une idéologie absurde qui oppose les races au lieu d'encourager le pays à se rassembler. C'est un exemple de mauvais leadership au moment où le leadership est ce dont nous avons le plus besoin.


Titre original : The GOP Isn’t the Only Party with a Conspiracy Problem


Auteur : Christine Rosen est éditorialiste à Commentary Magazine


Date de parution : 8 janvier 2021


Traduction : Jean-Pierre Bensimon

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