18 octobre 2019

Sunnites, chiites : attention, un jihad peut en cacher un autre !

Si l’islamisme sunnite pose une menace claire sur la vie quotidienne et l’avenir des Européens, la révolution khomeyniste en marche, la facette chiite du jihad planétaire, pourrait être encore plus redoutable.

Avec Mickaël Harpon, la question de l’offensive du jihad sunnite sur la France et l’Europe ne quitte décidément pas l’actualité. La menace est là. Après Mérah, après les massacres du Bataclan et de Nice, elle prend le visage inopiné de deux jeunes grues tentant de provoquer une explosion dramatique aux alentours de la cathédrale Notre Dame ou d’un membre des Renseignements de la Préfecture de Paris, égorgeant au poignard l’un après l’autre les collègues qui lui tombent sous la main.


L’essor du jihad d’ampleur planétaire dans les années 80 porte la signature de doctrinaires sunnites du 20ème siècle, bien identifiés, le pakistanais Maulana Mawdoudi, et les égyptiens Hassan al Banna et Sayyid Qotb. Leurs écrits ont été introduits chez les chiites khomeynistes par Ali Khamenei, l’actuel Guide suprême de la révolution iranienne, qui traduisit naguère en farsi les écrits du plus radical d’entre eux, Sayyid Qotb, co-inspirateur des Frères musulmans avec Al Banna. L’installation et la perpétuation du régime des ayatollahs est donc en phase avec la poussée révolutionnaire islamique théorisée et mise en pratique par les deux branches de la foi musulmane.

Mais le jihad mondial mené par des adeptes de l’islam chiite ne se chauffe pas du même bois que sa variante sunnite. En Europe et aux États-Unis, les sunnites sont beaucoup mieux connus que les chiites iraniens. Ils sont ultra majoritaires dans l’immigration, très influents dans la vie diplomatique et médiatique puisque la plupart des États musulmans et des membres des organisations comme la Ligue arabe ou l’OCI sont sunnites. Ils ont aussi un poids considérable dans les finances internationales et le marché du pétrole. Et ce sont des moudjahidine sunnites qui ont été à l’origine de la plupart des attentats et des conflagrations religieuses qui ont ensanglanté l’Occident et le monde musulman depuis 40 ans.

On comprend aisément que l’opinion européenne et nord américaine fasse le lien entre l’islam sunnite et le terrorisme, puisque celui-ci affiche fièrement, textes sacrés à l’appui, son orthodoxie mahométane. On comprend aussi qu’elle impute la responsabilité de ses forfaits à l’Arabie saoudite, perçue comme le chef d’orchestre de la radicalisation de la doctrine coranique et des masses musulmanes. En regard, la branche chiite du jihad planétaire bénéficie d’une image beaucoup plus favorable.  On ne lui reproche pas le 11 septembre car elle a su masquer son aide au commando qui l’a perpétré, ni les massacres de soldats de Beyrouth de 1983, ni les attentats de Paris en 1985/88, ni les prises d’otage, etc. On ne s’en souvient plus. On préfère associer l’Iran contemporain é à la Perse, et au raffinement supposé d’un Orient mythique, à la différence des Saoudiens caricaturés comme éleveurs de chameaux fanatiques, et cruels coupeurs de bras et de jambes.

Surtout, l’Arabie saoudite a été à l’origine d’une très longue campagne idéologique mondiale (1980/2005) visant à ré-islamiser les musulmans dans la version wahhabite de la révélation. Le royaume a investi des dizaines de milliards de dollars dans ce projet qui a soufflé sur les braises de l’extrémisme. Nombre de réseaux et de structures cultuelles qui servent aujourd’hui de tremplins à la guerre religieuse contre les « mécréants » en sont issus. Cette déferlante a ciblé soit les musulmans « hypocrites » du Dar al Islam (la maison de l’islam) soit les méprisables kouffar du Dar al Harb, (la maison occidentale de la guerre). 

Il en découle logiquement qu’aujourd’hui, la menace jihadiste principale est perçue à l’évidence, comme d’origine sunnite saoudienne. Tout est fait pour favoriser cette perception puisque c’est la thèse développée par l’écrasante majorité des média, des experts, et bien sûr des politiques, surtout en Europe. En effet, sous la houlette de l’Allemagne et de la France, l’Union européenne s’est engagée aux cotés de l’Iran sur le dossier de l’accord nucléaire. Le but est de mettre en échec la politique trumpienne de « pressions maximales » sur les mollahs . Pour la Maison Blanche, il s’agit d’obtenir de Téhéran la renégociation de l’accord nucléaire de Vienne de juillet 2015 au motif qu’il est farci de dispositions ouvrant grand les portes de la poursuite du programme nucléaire et balistique de Téhéran au lieu de les verrouiller. Pour les Européens et le centre-gauche américain, il faut préserver le compromis de 2015 car il aurait effectivement figé le programme iranien.

Si on désire mesurer du point de vue de l’Occident le degré de dangerosité respective des branches sunnite et iranienne du jihad planétaire actuel, il faut examiner les objectifs, les méthodes, les moyens et le pilotage de leurs projets. Les slogans, les injonctions théologiques, les provocations ne valent rien s’ils ne s’inscrivent pas dans une planification, intégrant la mobilisation de ressources, et la formation de militants ou d’agents opérationnels compétents.

Le jihad sunnite que l’on connait trop bien en Europe n’est pas centralisé ni clairement piloté, ce qui facilite grandement la généralisation de ses métastases. Il s’appuie avant tout sur une théologie idéologique virulente dont on a indiqué plus haut les théoriciens. Elle frappe à toutes les portes (les idées traversent les murailles) et leur plateforme, les Frères musulmans, se dissimule sous quantité d’enseignes. 

Dans les pays musulmans, les groupes qui s’en réclament s’efforcent de renverser par les armes ou par les urnes les régimes qu’ils estiment « hypocrites » ou « mécréants » pour implanter la charia orthodoxe et la « vraie religion ». C’est le but universel du jihad. 

Dans les pays occidentaux, les Frères et leurs semblables s’attachent en premier à « préserver » les minorités musulmanes de l’impureté supposée de la société mécréante qui les accueille, et à les empêcher de céder aux sirènes de la modernité. Accessoirement ces minorités sont incitées à participer aux opérations terroristes visant à dissuader les pays d’accueil de porter atteinte aux intérêts de la Oumma, tels qu’ils les comprennent. 

Ce type jihad sur les terres occidentales porte des coups gravissimes aux sociétés visées, d’autant qu’il exploite aux maximum les divisions de l’opinion et les opportunités de la démocratie. Celle-ci leur offre des tribunes de propagande (medias), des instruments d’intimidation (droits de l’homme et tribunaux), de l’influence sur la sphère politique (droit de vote), et beaucoup d’argent à saisir. 

La coupure recherchée avec la société Infidèle (par le voile islamique, l’auto-ghettoïsation des quartiers, le dénigrement identitaire) engendre la haine réciproque et une guerre civile à bas bruit. La barbarie insoutenable des attentats terroristes ajoute à ce processus de décomposition et d’émiettement. Elle détruit le ciment ultime des nations frappées, la confiance, la vision des valeurs essentielles, l’aptitude à préparer collectivement l’avenir. Les effets en termes économiques (dépense publique, compétitivité, prospérité) du choc jihadiste global ne font pas l’objet des études scientifiques nécessaires parce que leurs résultats seraient sans doute terrifiants. Nul ne connait vraiment le coût de cette entreprise de sape à bas bruit.

En un mot, si le jihad sunnite est bien incapable d’imposer par l’épreuve de force  sa charia et son pouvoir dans les pays occidentaux, il peut saper de l’intérieur les piliers  culturels et institutionnels qui garantissent la cohésion nationale, avant de précipiter à terme une société privée d’élan vital et de colonne vertébrale dans le chaos. 

Notons au passage que le principal foyer de l’idéologie radicale islamique n’est plus l’Arabie saoudite qui a pris depuis 2005 sous l’égide de Mohamed Ben Salmane un tournant historique vers un « islam modéré » consigné par exemple dans la Charte de La Mecque de mai 2019 : « Nous devons faire avancer des lois pour décourager la promotion de la haine, l'incitation à la violence et au terrorisme, ou le choc des civilisations, qui favorisent les conflits religieux et ethniques.(1) Même s’il y a un risque évident de propagande, on aurait tort de moquer totalement cette réorientation qui s’accompagne de changements concrets : le changement du statut de la femme, la purge dans la hiérarchie religieuse, la reconnaissance du droit des juifs à un État, et même la participation du chef de la Ligue islamique mondiale (saoudienne) à un voyage à Auschwitz en compagnie du rabbinat français et du Conseil des Églises début 2020. Ce n’est pas rien. 

Il faut ajouter que l’incroyable campagne pluri-décennale de diffusion de l’islam radical (1980/2005) était avant tout motivée par la survie du pouvoir des Saoud dont le trône venait de vaciller. En 1979, un double choc avait frappé le royaume. Khomeiny à peine arrivé au pouvoir lui contestait le rôle de Gardien des deux villes saintes de l’islam, et quelques mois plus tard, la mosquée de La Mecque avait été investie par 200 fanatiques en armes, en cheville avec de puissants religieux. 

Le prosélytisme religieux planétaire n’aura été que la réponse du trône saoudien à l’accusation de luxure et de mécréance qui le menaçait. Il visait à reconquérir une image de virginité religieuse auprès de tous les musulmans du monde et non la soumission de l’Occident à la charia qui est le programme des « vrais ennemis de l’Occident »..

Les appuis étatiques au jihad sunnite actuel sont à chercher plutôt du coté du Qatar, et plus régionalement de la Turquie d’Erdogan, et du Pakistan. Les organismes rivé au radicalisme sont des groupes armés (comme la constellation Al Qaïda et Daesh) ou des idéologues rusés de la mouvance des Frères musulmans, alimentés par l’université Al Azhar du Caire et ses clones des pays islamiques. 

Ce qui saute aux yeux, c’est que chez eux, les Européens ont mille fois les moyens d’écraser dans l’œuf cette subversion idéologique. Il leur faut cependant assimiler d’abord deux réalités dérangeantes : la pénétration salafiste et le terrorisme sunnite ne sont pas dommageables, ils sont  mortels à terme, et ils obéissent à une rationalité totalement étrangère aux évidences de la raison post-moderne. Et s’ils désirent survivre, les Européens devront revoir l’architecture juridique et morale de leurs institutions fondées sur cette raison post-moderne, qui laisse des espaces béants aux menées de ses singuliers ennemis. Reprendre en mains le cours de leur histoire ne dépend que d’eux.

La version chiite du jihad contemporain fonctionne sur des bases totalement différentes de sa sœur sunnite, mais elle est encore plus périlleuse et à plus brève échéance, on va le voir. Le khomeynisme est centralisé, il procède par étapes associées à des objectifs stratégiques clairs, il est piloté par un état-major identifiable sur la très logue durée, n’hésitant pas à adapter continuellement ses tactiques à la situation. Il rappelle irrésistiblement le fonctionnement de l’Union soviétique de Staline ou de la Corée du Nord de la lignée Kim, les châtiment corporels et le piétinement des femmes en plus.

Les sévices infligés aux Iraniens par le régime sont un précieux indicateur du danger inhérent au khomeynisme. On ne sait pas assez qu’il fouette, qu’il ampute, qu’il lapide, qu’il énuclée. On apprend que telle avocate qui a défendu des femmes qui enlevaient ostensiblement leur voile était condamnée à 10 ans de prison. Mais on lui a infligé en même temps une peine de 148 coups de fouet pour s’être présentée non voilée devant le tribunal. Il faut se représenter, le poids de barbarie qui nourrit le régime quand il accède sans limites au corps palpitant de ses proies. Pour une femme adultère ce sera 74 coups de fouet et l’obligation de laver des cadavres pendant deux ans. Les peines de mort, distribuées à foison, sont motivées par des infractions fumeuses comme « amener la corruption sur terre » ou « l’inimitié avec Dieu », mais aussi en cas d'homosexualité ou d'adultère. C'est l'une des fiertés du régime. Près de 600 exécutions avouées en 2016, miraculeusement réduites officiellement à 253 en 2018. On peut punir de mort un enfant âgé de plus de 15 année lunaires si c’est un garçon, de 9 années lunaires si c’est une fille. O inégalité des sexes ! (2)

A l’instar de l’Union soviétique, une catégorie sociale cynique dévore les richesses du pays que ce soit sous forme d’argent ou de biens matériels et alimentaires. En Iran ce sera l’imposante classe des clercs, profondément indifférente à la condition du peuple. Ce qui explique la double performance iranienne, inégalée dans le monde et même dans l’histoire : la consommation généralisée de drogue et la réduction éclair de la fécondité passée en trois décennies de 6/7 enfants par femme à 1,8. De leur coté, les mariages ont régressé de 20% depuis 2012

Une milice particulière de 4 à 11 millions de membres, les bassidji , créée initialement par le régime pour lui servir de de chair à canon, est dédiée au traitement des révoltes des misérables et des affamés à coups de gourdin. Le régime est incapable de raffiner le pétrole qu’il exporte et il n’entreprend pas les travaux d’adduction indispensables malgré la montée inexorable de la sécheresse. Les émeutes de la faim de 2018 sont nées du désespoir de paysans dont les réseaux d’irrigation légués par l’antiquité avaient rendu l’âme.

C’est sur ce socle qu’est bâti le jihad khomeyniste. La constitution de l’Iran du 24 oct. 1979 convoquait la sourate 8,60 pour donner aux Gardes de la révolution «  l'exécution de la mission idéologique du jihad sur la voie de Dieu, c'est-à-dire de l'expansion de la souveraineté de la Loi de Dieu à travers le monde. »(3) 

Engagement tenu puisque 40 ans plus tard, Qasem Soleimani, le commandant de la Force al Qods des Gardiens de la révolution, peut écrire le 9 oct 2019 : 
«…. l'IRGC [Les Gardiens de la révolution] a créé une continuité territoriale pour[les différentes parties] de la résistance. Il a relié l'Iran à l'Irak, l'Irak à la Syrie et la Syrie au Liban. »(4) 

Et le général Yahya Safavi, conseiller militaire spécial du Guide suprême, le 23 septembre : « Notre force de défense a atteint la mer Méditerranée et s'étend du golfe Persique à l'océan Indien…. La marine stratégique de la République islamique est maintenant dans l'océan Indien. Nous avons étendu notre champ de défense à des dizaines de milliers de kilomètres au-delà de nos frontières. Les puissants missiles produits par la République islamique peuvent atteindre des milliers de kilomètres plus loin… »(5) 

Le programme de la branche chiite du jihad mondial ne se résume pas à l’hégémonie sur l’axe Iran-Liban via l’Irak et la Syrie et sur les routes maritimes du sud entre les détroits d’Ormuz et de Bab el Mandel. A terme il est déterminé à prendre le dessus sur la variante sunnite pour refermer à son avantage le grand schisme ouvert pas la succession de Mahomet et du calife Ali. L’ensemble du Moyen Orient est visé aujourd’hui, puis naturellement ce sera le tour de pans entier de l’Afrique et du Maghreb.

Ce qui est remarquable, c’est la capacité du noyau dirigeant du khomeynisme de poursuite des mêmes objectifs sur des décennies, et d’annexer à la réussite de sa vision, des moyens et des méthodes de combat renouvelés. 

Aujourd’hui, il a inventé à l’échelle de la région, le jihad par milices supplétives, et une tactique importée de Corée : l’accumulation lente de moyens conventionnels gigantesques en artillerie et en missiles pour paralyser les réactions d’un adversaire en principe supérieur mais qui ne peut accepter de subir d’immenses dommages initiaux. C’est ce qu’a fait la Corée du Nord au plus près de Séoul, transformant des dirigeants de la Corée du Sud en agents dévoués pour convaincre l’Oncle Sam de rester l’arme au pied. C’est ce que l’Iran fait aujourd’hui avec le Hezbollah face à Israël, à partir du Liban, c’est ce qu’il est en train de réaliser au Yémen avec les Houthis face à l’Arabie saoudite.

Mais l’Iran jihadiste des Khomeynistes ne s’en tient pas là. Il poursuit depuis les années 90 un patient programme d’armement nucléaire et balistique. Avec l’accord nucléaire de juillet 2015 et le concours d’Obama aussi désireux que Donald Trump de se désengager du Moyen-Orient, il a remporté une triple victoire stratégique :

1. Le non démantèlement de ses installations nucléaires
2. La reconnaissance d’un droit à la production de matière fissile dans un proche avenir ;
3. La possibilité de poursuivre ses recherches sur les technologies qui lui restaient à maîtriser, la militarisation de l’engin nucléaire (miniaturisation et détonateurs) et la mise au point de missiles ICBM (Intercontinental Ballistic Missile). Ces opérations sont réalisées à présent sans contrôle sur les sites militaires interdits aux inspecteurs de l’AIEA. Et on soutient que l'Iran a interrompu son programme!

L'AIEA reste chargée des sites d’enrichissement de l’uranium, une technologie parfaitement maîtrisée par Téhéran. En gros, on surveille ce que les Iraniens savent déjà faire, et on laisse avancer Téhéran librement sur les technologies complémentaires qu’il ne maîtrise pas encore pour édifier leur arsenal.

La mascarade du gel du programme et du strict respect par l’Iran de ses obligations, ratifiée par l’AIEA, est dénoncée par Olli Heinonen, l’ex directeur général adjoint de l’AEIA chargé du suivi du programme nucléaire de l’Iran. Il  a pu déclarer en mai 1979 sur les ondes israéliennes et des États du Golfe : «Malgré les affirmations de l’AIEA, l’Iran sera en possession d’armes nucléaires d’ici six à huit mois.» (6)

Le jihad chiite centralisé va disposer simultanément de trois armes décisives : l’armement nucléaire et balistique, la guerre par "proxies" (milices supplétives recrutées localement) et le bon vieux terrorisme. Contrairement à ceux qui croient que l’Iran est un pays « civilisé » qui pousse légalement ses pions, la France vient de faire ces derniers mois, en pleine lune de miel iranophile, deux expériences du bon vieux terrorisme iranien :

- L’attentat : en 2018, l’Iran a organisé un attentat contre un meeting d’opposants qui se tenait à Villepinte avec la participation de hauts dignitaires américains. Il a été déjoué in extremis par un travail de renseignement impliquant l’Allemagne, la Belgique , la France et peut-être Israël ;

- La prise d’otages : Fariba Adelkhah, une franco-iranienne vivant en France depuis des décennies et son collègue Roland Marchal ont été enlevés en Iran en mai 2019, et incarcéré dans la prison d’Evin de sinistre réputation. Le but semble avoir été d’obtenir la complicité des renseignements français pour la capture d’un très actif opposant vivant en France, Rouollah Zam. Celui-ci avait obtenu dans le Golfe les financements nécessaires au lancement d’une chaîne de TV qui ne plaisait certainement pas aux ayatollahs. Il fut attiré en Irak avec la complicité française ( ?) et enlevé par des policiers iraniens. Mais cette grosse prise ne suffisait pas aux ayatollahs. Il semble que pour libérer les deux chercheurs français, ils exigent à présent d’Édouard Philippe qu’il refuse d’extrader vers les États-Unis un ingénieur iranien arrêté à Nice, soupçonné par les Américains de travailler pour le programme nucléaire.

Ce qui est en train d’advenir à brève échéance, c’est la fusion entre un pouvoir totalitaire, extraordinairement arrogant avec les kouffar, prêt à tout pour pousser son avantage face à une Europe sans colonne vertébrale et une Amérique indifférente , et l’arme nucléaire et balistique qui modifie intégralement la donne stratégique de l’ensemble euro-moyen-oriental. L’Iran peut a tout moment bloquer les détroits des mers du sud et entraver les routes maritimes. Les répercussions sur les marché financiers pourraient déclencher une crise dans les circuits de financement des États criblés de dette comme la France. Seuls les États-Unis pourraient aujourd’hui imposer militairement la retenue à l’Iran. La Chine pourrait aussi agir avec d’autres moyens. Mais une fois l’Iran jihadiste en possession de l’arme nucléaire et des vecteurs pour la délivrer, que pèserait le géant économique sans bras qu’est le Vieux Continent ? Quel jeu sino-iranien hostile pourrait-il mettre en échec ?

Aujourd’hui, la souveraineté et l’autonomie de l’Europe sont en train d’échapper à la volonté de ses dirigeants et de glisser lentement sous les griffes d’un pouvoir totalitaire barbare et jihadiste. Et elle subit via l’influence sur ses minorités musulmanes, un processus de subversion d’obédience sunnite en passe de la désarticuler. La pire politique serait sans doute la recette de feu Neville Chamberlain, l’apaisement.

Jean-Pierre Bensimon

Vendredi 18 octobre 2019

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Notes :

(1)  Elle est consultable à l’adresse : https://www.saudiembassy.net/sites/default/files/Charter%20of%20Makkah-%20Unofficial%20Translation.pdf

(2) Ces informations sont consultable dans les rapports ci-dessous. ONU,  Situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran du 18 juill 2019, https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N19/222/63/PDF/N1922263.pdf?OpenElement, le rapport d’Amnesty International Iran 2017/2018 https://www.amnesty.org/fr/countries/middle-east-and-north-africa/iran/report-iran/Outlaw Regime: A Chronicle of Iran’s Destructive Activities 25 sept 2018 https://it.usembassy.gov/outlaw-regime-a-chronicle-of-irans-destructive-activities/, Iran 2018 human rights report - State Department https://www.state.gov/wp-content/uploads/2019/03/IRAN-2018.pdf Iranian - World Report 2019 Event of 2018 Human Rights Watch, https://www.hrw.org/world-report/2019/country-chapters/iran

(3)  Préambule de la constitution iranienne au paragraphe "Une armée idéologique" http://www.servat.unibe.ch/icl/ir00000_.html



(6) Voir L’Iran est à six mois d’une bombe atomique, Guitel Benishay  6 juin 2019 https://lphinfo.com/lex-directeur-general-adjoint-de-laeia-liran-est-a-six-mois-dune-bombe-atomique/
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