26 décembre 2018

Face à l'actuelle vague d'attentats, comprendre le code tribal en vigueur chez les Palestiniens

Sans doute à l'initiative du Hamas, on assiste en Israël à une nouvelle vague d'attentats depuis quelques semaines. Ce sont des agressions "terroristes" car comme toujours sont indistinctement frappés jeunes et vieux, femmes et hommes, civils et soldats. La mort du bébé touché par une balle dans le ventre de sa mère a particulièrement scandalisé le pays.


Dr. Reuven Berko

 Se pose alors la question de la conduite à tenir. Mener des éliminations ciblées, détruire les habitations familiales des meurtriers? La gauche israélienne préconise à leur égard un système de "bonnes manières" mi humanitaires mi séductrices, supposées aboutir à la conciliation ou à l'amendement. L'auteur du texte traduit ci-dessous  nous explique les raisons de l'échec inéluctable de ce genre d'espérance. Il faut faire l'effort de comprendre l'approche culturelle, toujours en termes de force et de faiblesse, dont les Palestiniens ont hérité, et leurs codes de conduite tribaux, extraordinairement durs, qui prescrivent la vengeance, le meurtre, la destruction,  et la dépossession. Si l'on veut survivre au Moyen-orient, c'est dans cette langue qu'il faut parler aussi. NdT

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Nous entendons souvent dire à quel point les politiques anti terroristes d'Israël (éliminations ciblées de terroristes et démolition de leurs maisons) sont inefficaces du point de vue de la dissuasion comme de la sanction.

Selon cette approche empreinte de moralisme, la réponse appropriée aux assassinats terroristes commis par des Palestiniens serait de les emprisonner dans des conditions confortables, de leur donner une éducation et des soins médicaux, puis de les libérer dans le cadre d'accords acquis par le chantage, ou après l'exécution d'une partie de leur peine. Ils seraient dit-on "les futurs dirigeants avec qui nous allons faire la paix".

Ceux qui épousent cette approche pensent que les meurtriers doivent voir leurs moyens financiers s'améliorer à l'issue de négociations culpabilisantes (sur le thème des "crimes d'Israël qui ont provoqué la Nakba"), et qu'il faut lancer à cette occasion des messages de paix unilatéraux. Cela vaut mieux selon eux que tuer les tueurs et raser leurs maisons, puisque de nouvelles maisons seront construites et de nouveaux terroristes feront inéluctablement leur apparition.

Les moralistes ne pourraient pas aller plus loin dans l'erreur. Les Palestiniens méprisent la stupidité et la naïveté de la gauche: ils y voient une asymétrie qui garantit leur salut, sans parler de la faiblesse qu'elle démontre et du talon d'Achille dont ils profitent quand ils frappent notre peuple. Ils ont grandi dans une société où le code tribal ne laisse pas de place aux faibles, et où l'individu est exclusivement pensé comme le fragment d'un troupeau écrasé par le collectif. En effet, dans la société arabe, l'individu, homme ou femme, est valorisé seulement s'il est attaqué de l'extérieur. Cela signifie pour elle que la dissuasion collective de la tribu n'a pas joué son rôle, ce qui constitue  une menace. En réponse, les membres de la tribu se vengeront contre des individus situés du côté de l'agresseur.

Dans notre région instable, le viol, le meurtre, la destruction et les effusions de sang étaient le pain quotidien des Arabes envahirent la Terre d'Israël. Cela a donné naissance à des mécanismes de défense matérialisés par un code de conduite violent qui a façonné dans le passé, et façonne toujours, l'existence des villages et des tribus nomades.

Ce code, basé sur une sorte d'équilibre de la dissuasion, est décrit dans un article de l'historien Araf al-Araf sur la "justice tribale". Il est toujours valable dans la société arabe et on lui doit la formule du "sulhot" ("réconciliation") entre les familles ou tribus en guerre.

Dans notre environnement géopolitique où les faibles n'ont aucune chance de survie, la puissance du collectif réside dans la responsabilité tribale de ses membres, le seul moyen d'assurer un avantage numérique et de montrer sa détermination. Par conséquent, les tribus arabes délèguent à leurs membres la responsabilité de commettre des actes de vengeance, comme ceux-ci peuvent devenir eux-mêmes les cibles d'actes de vengeance légitimes.

 Parfois, une famille expulse de ses rangs un tueur en série par peur de s'exposer à des actes de vengeance, ce qui signifie une mort certaine pour ce dernier. C'est ainsi que la dissuasion fonctionne.

Ceux qui vivent selon le code tribal meurtrier en vigueur chez les Palestiniens promulguent leur justice tribale contre nous et traitent ceux qui nous assassinent en héros. C'est pourquoi les tueurs tribaux palestiniens assassinent les Juifs à volonté et reçoivent pour cela des indemnités du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Pour eux, les Israéliens sont des individus sans consistance qui ne sont pas protégés par une tribu, qui appartiennent à une société moraliste dont le système juridique "universaliste", aveugle aux lois locales de la survie, laisse ses membres sans protection.

Les moralistes qui sont parmi nous doivent se rendre compte que selon le code tribal de l'ennemi, le meurtrier, même  s'il est en principe protégé par sa famille, est un homme mort. Si elle n'a pas pris la fuite, sa famille risque l'exil. Selon la loi tribale, la maison d'un meurtrier est donnée à la famille de sa victime à titre de compensation, ou alors, elle doit être démolie pour obéir à la malédiction arabe "Qu'Allah détruise votre maison" (même si elle est reconstruite ensuite).

Quant à l'exil, il n'y a pas de meilleur endroit que la bande de Gaza dirigée par le Hamas pour accueillir les familles des assassins.


Auteur : Dr. Reuven Berko, colonel à la retraite, diplômé de sciences politiques et arabisant.

Date de publication : 26 décembre 2018 in Israel Hayom
  
Traduction : Jean-Pierre Bensimon

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