26 octobre 2018

La réforme de l'Arabie saoudite: l'action de Mohamed Ben Salman (2/2)

Après avoir présenté l'idéologie du wahhabisme et la façon dont il a modelé la péninsule arabique, nous abordons ici une présentation critique de la politique du vice-roi Ben Salman et des contraintes auxquelles il ne peut manquer de se heurter.

Le premier volet de cette étude est disponible ici.

2 – La réforme politico-religieuse de Mohammed Ben Salman

L’évolution de la doctrine religieuse, la dé-wahabbisation

Le prochain roi d’Arabie définit à grands traits dans quelques interviews l’islam qu’il veut pour son pays, du moins celui qu’il désire présenter à l’étranger car on ne dispose pas du détail de ses instructions données en arabe. Et outre les déclarations, l’Arabie de Ben Salman a pris sous sa baguette une multitude de mesures effectives qui dépassent le dogme proprement dit mais qui sont significatives du contenu réel de la dé-wahhabisation en cours. 

MBS a pour préoccupation principale de mettre son pays en état de relever les défis quasi existentiels présentés plus haut en opérant un tournant radical vers la modernité et l’ouverture sur le monde. Et il a sur son chemin un appareil religieux, la somme d’une doctrine et d’un pouvoir solidement enracinés, dont l’inspiration, -l’immobilisme et l’auto-ghettoïsation-, est en conflit frontal avec les exigences du rebond national.

Le 24 octobre 2017, en marge d’un forum à Riyad, Ben Salman faisait une déclaration de grande portée : 

« L'Arabie saoudite n'était pas ainsi avant 1979. (…) Nous n'étions pas ainsi par le passé. Nous souhaitons seulement revenir à ce que nous étions : un islam modéré ouvert au monde, ouvert à toutes les religions. 70% du peuple saoudien a moins de 30 ans. Et franchement, nous ne gâcherons pas 30 autres années de nos vies à combattre les idées extrémistes. Nous allons les détruire aujourd'hui. Nous voulons vivre une vie normale, qui traduirait la modération de notre religion, ainsi que nos bonnes coutumes. Nous coexistons et vivons avec le monde. (…) Je pense que nous allons éradiquer les résidus d'extrémisme très bientôt. Je ne pense pas que cela soit un vrai défi, car nous représentons les enseignements et les principes modérés de l'islam. Ceci est notre droit, car la vérité est de notre côté. Donc je ne pense pas qu'il y ait de motifs d'inquiétude. » (10)

Il y a deux idées dans ce message :

- L’année 1979, celle de la révolution iranienne et de la prise de la mosquée sainte qui ébranlèrent le trône saoudien, a amorcé en Arabie un tournant régressif de 30 ans vers un islam d’extrémisme et de fermeture ;
- Le retour à la normale d’un islam modéré et ouvert (« nous coexistons et vivons avec le monde ») passe par la destruction rapide des idées extrémistes (« Nous allons les détruire aujourd’hui …nous ne gâcherons pas 30 autres années »)

On retrouve ici l’esprit d’une déclaration de l’un des parents du prince héritier, Salman bin Hamad Al-Khalifa, prince héritier lui aussi, mais du Bahreïn, très proche des Saoudiens : « Nous ne combattons pas seulement les terroristes, nous combattons les théocrates…[des gens] placés au sommet d'une idéologie religieuse qui ont le pouvoir, par un édit religieux, de dépouiller quelqu'un ... de son au-delà,  et d'utiliser [le pouvoir religieux] pour des gains politiques. » (11) Clairement, ce sont les théologiens traditionnels qui sont ciblés en tant que « théocrates », spéculateurs sur leur statut prestigieux pour s'attribuer du pouvoir. Interviewé de son coté par Jeffrey Golberg pour The Atlantic le 2 avril 2018, (12) MBS se fait beaucoup plus explicite qu’au mois d’octobre de l’année précédente.

1) Il affirme que le devoir impératif des musulmans, répandre la parole de Dieu, qui justifiait naguère des combats, est désormais accompli. «Aujourd’hui chaque humain a droit de choisir sa croyance .(…) Nous n’avons plus le devoir de nous battre pour répandre l’islam ». 

Habilement, il oppose cette révolution copernicienne de la pierre d’angle doctrinale de son pays, aux « manipulations » du « triangle du mal », l’Iran, les Frères musulmans et les terroristes, qui veulent construire un califat, un empire, par la force, « alors que le Prophète Muhammad ne nous a pas demandé de faire cela. » Effectivement le califat est une innovation postérieure au Coran, lequel n’en dit pas un mot. 

Mais MBS accuse l’étranger, et non ses propres oulémas, sa propre Ligue islamique mondiale, son propre gouvernement, ses propres circuits de fonds privés qui ont poussé à coup de dizaines de milliards de dollars, et la prédication et le djihad en Asie, en Europe et en Afrique. C’est de bonne guerre. On retiendra la nouveauté principale : une très haute autorité saoudienne vient de décréter officiellement, la clôture pure et simple l’ère de la prédication (dawa) et du djihad offensif

2) Il renie la caractérisation de son pays comme wahhabite et même la spécificité du wahhabisme dans l’islam. «Il n'y a pas de wahhabisme. Nous ne croyons pas que nous ayons le wahhabisme. Nous croyons avoir, en Arabie Saoudite, des sunnites et des chiites. Nous croyons avoir dans l'islam sunnite quatre écoles de pensée, et nous avons des oulémas [autorités religieuses] et le Conseil de la Fatwa [qui émet des décisions religieuses]. Oui, en Arabie Saoudite, il est clair que nos lois viennent de l'Islam et du Coran, mais nous avons les quatre écoles - hanbalite, hanafite, chaféite, malikite - et elles ont des controverses sur l'interprétation. » 

Ainsi l’Arabie saoudite à venir promise par le prince héritier sera un pays musulman sunnite parfaitement ordinaire, sans excès de vertu puritaine, sans mission de prédication.

3) Il reste prudent sur l’égalité des femmes. MBS commence par ce que l’on peut appeler la langue de bois. « Dans notre religion, il n'y a pas de différence entre les hommes et les femmes. Il y a des devoirs pour les hommes et des devoirs pour les femmes. Il y a différentes formes d'égalité. » Interrogé plus précisément sur la tutelle, qui contraint les femmes à ne jamais se déplacer ou prendre une décision sans la présence d’un membre mâle de sa famille, fut-ce son fils, MBS marche sur des œufs. Visiblement il ne désire pas heurter le monde religieux et les familles conservatrices. Il se dit défavorable à l’évolution des lois sur la tutelle : « …. si je réponds oui à votre question, cela signifie que je crée des problèmes pour les familles qui ne veulent pas donner la liberté à leurs filles. » et il ajoute « Les Saoudiens ne veulent pas perdre leur identité, mais nous voulons faire partie de la culture mondiale. Nous voulons fusionner notre culture avec l'identité mondiale. » MBS ne veut pas ouvrir les hostilités avec sans doute la majorité des Saoudiens, mais il manifeste un désir évident de «coller» aux grandes évidences culturelles qui dominent le monde, en particulier concernant l’émancipation des femmes.

4) Il normalise le rapport avec les autres religions, le christianisme naturellement, et en sus, Israël et les Juifs. La parole musulmane positive concernant les Juifs et Israël est inversement proportionnelle à l’importance accordée au djihad. MBS semble enterrer la hache de guerre : il consent le droit d’Israël à un territoire et il évoque pour la circonstance une proximité entre Juifs et Musulmans, en mentionnant que le Prophète aurait eu une femme juive et des voisins juifs. On peut estimer qu’il y a là aussi une intention de réduire la place du devoir de djihad dans la doctrine religieuse traditionnelle.

Les mesures adoptées

1- Mesures touchant l’appareil religieux :

La création d’une Haute autorité chargée de contrôler les hadiths et leur interprétation est peut-être la démarche la plus décisive en matière religieuse, dans la mesure où elle produit ses effets au cœur du réacteur wahhabite. On sait que la sunna est une source religieuse au moins égale au Coran, et souvent supérieure puisque de nombreux hadiths l’emportent sur des versets du Coran. (13) Il y a des hadiths plus ou moins fiables, mais si un imam évoque un hadith dans son prêche, nul ne songera à lui demander sa source. Ainsi s’est formée une industrie de hadiths hypothétiques qui sont interprétés selon des vues idéologiques ou politiques manifestes de leurs auteurs. 

La Haute autorité reçoit la mission d’enrayer les emballements de cette production de hadiths qui extrémisent l’islam quotidien par le canal de religieux insoupçonnables. «Il incombera à une Haute Autorité placée sous la présidence du cheikh Mohammed bin Hassan al-Cheikh, membre du Conseil des savants, et basée à Médine, d’examiner avec soin que les paroles, les actes ou les habitudes du Prophète soient restitués le plus fidèlement possible par les dignitaires religieux, prédicateurs et autres juristes saoudiens, sans en trahir l’authenticité ni la noblesse des valeurs qui en émane. » (14) Il est à souligner que des docteurs de la foi étrangers seront impliqués, sans doute pour asseoir l’idée que le contrôle est remis aux mains de la oumma et non à une secte saoudienne.

Les 4 et 5 novembre 2017, MBS a déclenché une purge monstre, enfermant dans un hôtel 300 hauts dignitaires, membres de la famille royale, membres du cabinet, grands princes, hommes d’affaire, etc. Ils étaient accusés corruption et furent gardés pour une durée allant jusqu’à trois mois, le temps d’abonder douloureusement le fisc. 

Mais en septembre 2017 il avait déjà fait arrêter 30 intellectuels religieux et oulémas importants. D’autres arrestations ont suivi dans les mêmes milieux après la purge de novembre. Aux dires du ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, le nombre de changements d’affectation serait estimé à plusieurs milliers. (15) En même temps le prince installait aux fonctions religieuses sensibles des imams et intellectuels prônant la tolérance pour les autres religions. (16)

Enfin, on l’a déjà mentionné, les pouvoirs de la police religieuse honnie furent sérieusement allégés. Un décret en conseil des ministres du 11 avril 2016 stipule que la Muttawa, ne pourra plus interpeller, ni détenir, ni pourchasser les personnes dont elle jugerait le comportement offensant. Elle continuera à surveiller les comportements, le port du voile et de l’abaya, la ségrégation des sexes dans l’espace public, etc. mais son rôle se bornera à signaler les «suspects» à la police civile. Elle devra se comporter avec ‘courtoise et humanité’ et éviter les excès de zèle. (17)

2- Mesures concernant les femmes :

Les femmes seront désormais autorisées à assister à des rencontres sportives (très prisées) et à aller au cinéma (18) puisque ceux-ci devaient rouvrir en janvier 2018. Concerts et spectacles devraient suivre.

Les femmes conservent le droit de créer et de gérer une entreprise. L’accès à l’éducation et même à l’université leur est déjà acquis, mais dans le respect de la séparation des sexes. Les plus brillantes poursuivent des études à l’étranger où elle s’adaptent aisément aux mœurs universitaires des Occidentaux, sans pour autant céder nécessairement sur leurs convictions religieuses.

Plus spectaculaire, les femmes vont pouvoir conduire une automobile. Cette mesure a été saluée comme un pas en avant vers l’émancipation, mais elle a sans doute un tout autre objectif. Elle devrait faire économiser des milliards de dollars aux familles saoudiennes, encourager l’investissement étranger et doper de nouveaux secteurs d’activité comme l’assurance. Pour véhiculer les femmes, 1,4 millions de chauffeurs, généralement étrangers, seraient embauchés au coût estimé de 8,8 milliards de dollars par an. Leurs salaires, envoyés majoritairement aux familles, priveraient l’économie saoudienne du marché correspondant. Inversement; on attend de la mesure un accroissement de la demande intérieure d’essence, qui représente un coût pour le pays car l’essence est importée faute de raffineries sur place ! (19)

Ces premier pas vers l’émancipation de la femme saoudienne ont une immense signification du point de vue religieux. Du Coran lui-même aux hadiths, de la charia au fiqh, la religion musulmane fixe à la femme un statut inégalitaire (héritage, répudiation et divorce, témoignage en justice, droit d’aller et de venir, obligations vis-à-vis de l’époux, accès à l’éducation, aux études, etc.), au point que l’architecture de la société pourrait être mise en péril par un changement rapide de leur place et de leur rôle. Mais en même temps, seule une profonde réforme juridique, donc religieuse en islam, permettrait de mobiliser leur potentiel créatif, scientifique, productif, etc. Et l’Arabie saoudite est en manque cruel de ce potentiel si elle veut répondre aux défis qui la menacent.

3- Normalisation des rapports avec les autres monothéismes

La logique de réforme et la conjoncture géostratégique conduisent le nouveau régime à afficher un renversement dans la relation avec les Juifs. (Les Saoudiens et les Arabes en général n’emploient pas le terme « israéliens », ils disent « Juifs »). Cependant, l'affichage de ce rapprochement est délicat. Il entre en contradiction avec les dures philippiques consignées dans les textes sacrés, mais aussi avec la solidarité de la oumma avec les Palestiniens qui est requise.

C’est ainsi que MBS s’est adjoint les services de Mohammad bin Abdul Karim Al-Issa en tant que conseiller personnel. Il le nommera de plus secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM) en août 2016. En 2012, alors qu’il était ministre de la Justice, cet imam avait pris certaines distances avec le salafisme. Selon lui, le salafisme n'était qu’une approche de l’islam, pas tout l’islam. En le nommant à la tête de la LIM, la plateforme mondiale de diffusion d’un islam radical, haineux, antioccidental et antisémite, MBS lui demandait de repenser toute la politique idéologique du royaume et de substituer une version modérée de la religion à la redoutable version traditionnelle. Sous sa direction, la LIM est désormais invitée à prêcher la tolérance.

Le 25 janvier 2018, Mohammad bin Al-Issa écrivit une lettre à Sara Bloomfield, la directrice du Mémorial américain de la Shoah où il déclarait : « ..nous considérons toute négation de la shoah ou minimisation de ses effets comme un crime de distorsion de l’Histoire, et une insulte à la dignité de toutes ces âmes innocentes qui ont péri. C’est aussi un affront envers nous tous, dans la mesure où nous partageons une âme humaine commune et des liens spirituels.»(20) 

Quelques semaines auparavant, ce haut dignitaire religieux s’était rendu à la grande synagogue de Paris où il passa deux heures en compagnie du grand rabbin de France, Haïm Korsia. Dans la même veine The New Arab rapporte  : «Mohammad bin Abdul Karim Al-Issa, l’ancien ministre de la Justice saoudien a déclaré selon un quotidien israélien, Maariv, que ‘tout acte de violence ou de terrorisme qui essaie de se dissimuler derrière la religion n’a absolument aucune justification, pas même s’il est commis en Israël’ » (21)

D’ailleurs, suite à des propos télévisés favorables aux Juifs et très critiques pour le Hamas, le grand mufti saoudien recevait des félicitations et une invitation d’une instance ministérielle israélienne. (22) 

Par ailleurs, un intellectuel saoudien notable, Abdulhameed Hakeem, chef du Centre d’Études stratégiques et juridiques de Djeddah, prit position sur la chaîne TV Alhurra basée aux États-Unis en faveur de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël annoncée par Donald Trump : «Nous devons reconnaître et réaliser que Jérusalem est un symbole religieux pour les Juifs et que c’est une ville sacrée pour eux, comme La Mecque et Médine  pour les Musulmans. » (23) Il déclencha bien sûr des remarques critiques sur les réseaux sociaux.

Et en point d’orgue, il y aura la reconnaissance d’un droit d’Israël à une terre, formulée par MBS en personne lors de son interview par Jeffrey Goldberg le 2 avril 2018.

Le cas des Juifs est emblématique de la remise en cause de l’omniprésence d’une tradition antisémite virulente en Arabie saoudite. Mais les Chrétiens n’ont pas été épargnés non plus par le wahhabisme. Pour témoigner du renversement doctrinal en cours, le prince héritier en personne demanda à rendre visite au pape copte Tawadros II lors de son voyage du début mars 2018 au Caire. Après un long entretien, il accepta d’être photographié devant un grand tableau représentant Jésus, un chevreau à ses pieds. (24)

Cependant, si son bilan se limitait en fin de compte à des paroles et des actes symboliques de bon aloi sans s'accompagner de réformes très concrètes, la situation ne s'assainirait pas toute seule. A ce jour, le programme de MBS est virtuel, sauf en matière économique. On se sait rien de la réforme pénale qui devrait suivre, l’Arabie continuant de pratiquer la flagellation –mortelle-, les amputations et les décapitations au sabre. On attend encore des mesures sur l’enseignement de la religion et la formation des imams au cœur du réacteur wahhabite. On attend une réforme du tout au tout de l’enseignement, des programmes et des manuels scolaires, et une généralisation de l’accès des filles à l’école. On s’alarme de la prudence du prince héritier sur la question sensible du statut médiéval de tutelle qui reste imposé aux femmes La prudence extrême du pouvoir témoigne peut-être que le tournant est terriblement épineux pour des Saoudiens recrus d’interdits et sidérés par la coercition wahhabite depuis plus deux siècles. Mais les premiers signes de réveil devraient logiquement embrayer sur une réforme religieuse top-down, voulue semble-t-il par l’ambitieux vice-souverain.

Conclusion 

La dé-wahhabisation de l’Arabie saoudite est une étape incontournable pour celui qui désire relever réellement ce pays et lui donner une chance d’accéder au statut de puissance régionale capable d'ouvrir des perspectives au sunnisme arabe du Levant et de Mésopotamie. Mais la tâche est ardue, et heurte de face le puissant appareil religieux du royaume et ses dogmes. 

Les grands réformateurs du passé récent, Mehmet Ali pour l’Égypte au 19ème siècle et Mustapha Kemal pour la Turquie au 20ème siècle, ont déployé de grands efforts pour faire entrer leur pays dans la modernité, en guignant sur le modèle de l’Europe. Mehmet Ali demanda à son envoyé à Paris, Rifa’a al-Tahtawi, de lui indiquer quelles leçons l'Égypte pouvait tirer du fonctionnement des sociétés européennes qui les fascinaient tous deux. Brisant le monopole des religieux sur l’enseignement, il chargea son envoyé d’introduire en Égypte l’école moderne. 

De son coté, Mustapha Kemal voulut marginaliser la religion et balayer les archaïsmes culturels qui contrariaient l’essor qu'il souhaitait de la Turquie. Il s’y employa sans excès de diplomatie, et l’on a cru qu'avec ses réformes la Turquie se sécularisait définitivement. 

Or aujourd’hui, des décennies plus tard, les nations de ces deux innovateurs sont minées par le radicalisme salafiste et frériste, et leur avenir est bien incertain. Mohammed Ben Salman, quant à lui,  guigne plutôt sur le modèle américain, mais le poids de la tradition immobiliste et querelleuse est si enracinée que l’incertitude règne sur le destin de sa réforme encore au stade des premiers balbutiements. 

Jean-Pierre Bensimon

Mis en ligne le 26 oct. 2018

Notes

(10)L'héritier d'Arabie saoudite veut "détruire les idées extrémistes" Le Point 31 oct. 2017  http://www.lepoint.fr/monde/l-heritier-d-arabie-saoudite-veut-detruire-les-idees-extremistes-31-10-2017-2168896_24.php
(11) An Arab prince denounces Islamism  Daniel Pipes 12 déc. 2014 http://www.danielpipes.org/15286/bahrain-islamists
(12) Saudi Crown Prince: Iran's Supreme Leader 'Makes Hitler Look Good' Interview cité en note 8
(13) Voir par exemple La mosaïque de l’islam Soleïman Mourad, Fayard, 2016 « … pour les musulmans , le Coran n’est pas en fait, la source première des règles de conduite. Pour les sunnites, c’est la sunna du Prophète… » p. 42 ou Plaidoyer pour un islam apolitique, Mohamed Louizi, Michalon, 2017, « A la mort du Prophète, il n’y avait que le Livre Saint. Douze ans plus tard une autre « parole » se libéra. » p. 126.
(14) L’Arabie saoudite instaure une Haute Autorité pour protéger les hadiths des interprétations extrémistes 27 oct. 2017 https://oumma.com/larabie-saoudite-instaure-haute-autorite-proteger-hadiths-interpretations-extremistes/
(15) Ibid. L’Arabie saoudite instaure une Haute Autorité pour protéger les hadiths des interprétations extrémistes 
(16) Saudi Purges And Duty To Act  Caroline B. Glick  6 nov 2017 http://www.jpost.com/Opinion/Our-world-Saudi-purges-and-duty-to-act-513535  et  Le Virage de l’Arabie Saoudite  -Caroline B. Glick 12 nov. 2017  http://www.jpost.com/Edition-Francaise/Moyen-Orient/Le-virage-de-lArabie-saoudite-514038
(17) En Arabie saoudite, la police religieuse mise sous tutelle Benjamin Barthe 18 avr. 2016 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/04/18/en-arabie-saoudite-la-police-religieuse-mise-sous-tutelle_4904033_3218.html
(19) L’estimation de la mesure est particulièrement complexe. Voir The Real Reason Saudi Arabia Will Let Women Drive and It's Not About Women's Rights Haaretz and Reuters  28 sept 2017 2017  https://www.haaretz.com/middle-east-news/1.814634
(20) “we consider any denial of the Holocaust or minimizing of its effect a crime to distort history and an insult to the dignity of those innocent souls who have perished. It is also an affront to us all since we share the same human soul and spiritual bonds.” Statement on Holocaust Remembrance from Head of Saudi-Based Muslim World League  http://www.washingtoninstitute.org/press-room/view/statement-on-holocaust-remembrance-from-head-of-saudi-based-muslim-world-le
(21) Saudi former minister, speaking to Israeli newspaper, denounces violence against Israel as 'un-Islamic'  21 nov. 2017 https://www.alaraby.co.uk/english/news/2017/11/21/saudi-official-denounces-violence-against-israel-as-un-islamic
(22) « Israel welcomes Saudi mufti's pro-Israel remarks, invites him to visit the country Anadolu Agency 14, nov  2017
https://www.dailysabah.com/mideast/2017/11/14/israel-welcomes-saudi-muftis-pro-israel-remarks-invites-him-to-visit-the-country "Nous remercions Abdul Aziz Al-Sheikh, le Grand Mufti d’Arabie saoudite et chef de Ulema (Universitaires islamiques), pour sa fatwa interdisant le combat contre les Juifs et interdisant de les tuer. J’invite le mufti à visiter Israël; il sera bienvenu et entouré de respect."
(23) Saudi Academic Calls on Arabs to Recognize Jewish Connection to Jerusalem Ben Lynfield 18 déc. 2017 http://www.jpost.com/Middle-East/Saudi-academic-calls-on-Arabs-to-recognize-Jewish-connection-to-Jerusalem-518372
(24) The pope and the imam, Clifford D. May, 16 mars 2018  http://www.israelhayom.com/opinions/the-pope-and-the-imam/

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